Témoignage 1

Témoignage écrit le 19 avril 2011  pour l’ouvrage Le livre noir des violences sexuelles de la Dre Muriel Salmona à paraître le 10 avril 2013 chez Dunod.

D’abord l’incompréhension, je n’arrive pas à lire dans son regard. Puis, la panique parce que ce que je parviens enfin à identifier dans ses yeux, c’est l’indifférence, le mépris, la cruauté et surtout ce plaisir malsain, dérangeant. Je suis terrifiée.

Cela s’est passé quand j’avais sept ans et demi. Un cousin âgé d’une vingtaine d’années, venu de province, résidait chez nous. Cette scène s’est passée alors que nous étions seuls à la maison.

Je ne me souviens pas comment ça a commencé, mais je suis debout, face à lui qui est assis sur le bord du lit de ma mère. Mon pantalon et ma culotte baissés, sa main sur mon sexe, faisant un mouvement de va et vient. J’ai très peur, je ne comprends pas ce qui m’arrive. Lui est parfaitement calme, il semble trouver cela normal, ça lui plait, je le vois à son sourire effrayant. Je me dis qu’il faut que je lui fasse comprendre que je ne veux pas qu’il me touche. Je suis en train de pleurer, face à lui, et je lui dis « Mais pourquoi tu me fais ça ? » en pensant naïvement qu’il ne trouvera rien à répondre et qu’il sera obligé d’arrêter. Au lieu de cela, il me répond « Toi, tu le fais, moi aussi j’ai bien le droit de le faire. ». Je comprends qu’il est en train de me dire qu’il m’a déjà vue faire et que donc je suis responsable, et là, je m’en veux terriblement. C’est donc à cause de moi et là je n’ai plus d’issue. La culpabilité, la honte et la détresse me submergent.

C’est à ce moment-là que tout est devenu intolérable, bien plus que je ne pouvais supporter. Prisonnière de mon corps, j’ai eu l’impression d’être littéralement emportée par un cyclone, d’être happée, et tout à coup, plus rien, c’est le trou noir. 

Mes souvenirs se bloquent là et jusqu’à présent, rien d’aussi concret n’a refait surface. 

Quelques temps après, un membre de la famille m’interroge et me demande s’il s’est passé quelque chose avec lui. Les larmes montent, puis coulent et je réponds avec la certitude que ce je dis est vrai « Mais, si je te le dis, il va me tuer. », « Mais, non il ne te tuera pas », m’assure-t-on, alors je réponds « il m’a touchée », « où ? », « A la foufoune », « Tu sais, c’est grave ce qu’il t’a fait, j’en parlerai ce soir à ta mère. On ne te laissera plus seule avec lui ». Quel soulagement ! Malheureusement, cette agression m’a tellement fragilisée, que quelques mois après, j’ai subi des viols répétés par quelqu’un que je connaissais et qui a dû détecter ma vulnérabilité.

Plus tard, j’ai appris par sa deuxième sœur qu’elle avait également été agressée sexuellement par lui. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il avait été mis à la porte de chez lui par sa mère pour avoir agressé sa petite sœur âgée d’un an de moins que moi. Puis, lorsqu’il est venu chez nous, sa mère n’a pas pensé qu’il était opportun d’alerter les adultes afin d’éviter qu’il ne recommence.

On n’en a pas reparlé, je grandis sans grand problème. Je suis une petite fille sage, gentille, douce qui ne fait pas de vagues. Puis, vers l’âge de 15 ans, les souvenirs recommencent à me hanter. Je vais de plus en plus mal, je ne fais plus rien à l’école, je dors mal, peu. Un sentiment de détresse se fait de plus en plus présent, pesant, étouffant. Il me faut une échappatoire, alors je me taillade le poignet, la douleur morale laisse place à une douleur physique, à la colère de souffrir, pour moi un moment de répit. Et puis ces blessures là, je peux les voir, ces cicatrices, je les aimais. Hélas, le soulagement est de courte durée. Il me faut trouver un autre stratagème. Je me dis que quand je dors, je n’y pense pas, je ne souffre pas. La solution est là, je prends des médicaments pour dormir, jusqu’à plus de 80, pas pour mourir, mais pour dormir très vite, très longtemps, très profondément. Ma mère s’en est aperçue en tentant de me réveiller un après-midi, elle a appelé les pompiers, j’ai été hospitalisée et j’ai eu un lavage d’estomac. Une psy est venue, je lui ai parlé de ce qui s’était passé, elle m’a donné les coordonnées d’un centre où je pouvais suivre une thérapie, mais avec un délai de plusieurs mois d’attente pour obtenir un rendez-vous, j’ai vite abandonné l’idée. Une fois, j’ai pensé en finir définitivement, par chance, un confident devenu un ami très proche m’a empêcher de passer à l’acte et m’a énormément soutenue.

J’apprends une grande nouvelle, mon cousin, qui entre temps s’est marié, va avoir une petite fille. Je refuse qu’elle subisse le même sort que moi et je décide que je dois lui parler. Je demande conseil à un de ses frère qui me hurle dessus, il m’interdit de lui parler, parce qu’il serait capable de se suicider et que cela ne me regarde pas. Désemparée, désespérée, je me précipite dans une chambre avec un couteau pour me taillader le ventre, plus discret que les poignets. Malgré tout, la discussion a eu lieu, il m’a dit qu’à présent, il avait une femme pour assouvir ses envies, que je n’avais pas à m’inquiéter, il m’a même dit qu’il était désolé. J’ai cru tout ce qu’il m’a dit, j’en avais besoin.

Quelques années plus tard, j’ai rencontré celui qui deviendra le père de ma fille. Très vite, je lui ai appris ce qui m’était arrivé, il a été révolté. A nouveau, les souvenirs sont exhumés et des crises d’angoisse apparaissent, des crises au cours desquelles j’ai la sensation d’étouffer, ça ressemblait beaucoup à une crise d’asthme, je n’arrivais pas à retrouver mon souffle, j’étais recroquevillée, complètement tendue. Mon ami ne parvenait pas à déplier mes membres, alors, il me prenait dans ses bras et me murmurait à l’oreille en me berçant doucement, jusqu’à ce que je me calme. Ces crises m’impressionnaient car je perdais le contrôle de moi, je respirais difficilement, je paniquais, mais lui restait toujours parfaitement calme et prévenant, il a été un véritable pilier pour moi. Avec lui, j’ai grandi, Il m’a appris à être en colère contre les responsables, mais plus contre moi. Fini la gentille petite fille modèle qui ne faisait plus de vagues. 

J’ai décidé de consulter un psy, puis au fur et à mesure l’idée de porter plainte s’est dessinée. Mais, je ne me sentais pas capable d’anéantir sa vie, et puis il avait une femme des enfants, de quel droit pouvais-je leur imposer cela ? Ils ne sont responsable de rien eux, ce serait égoïste de ma part … Mon compagnon a su trouver les mots pour me déculpabiliser et me permettre d’envisager cette alternative. D’autant qu’à cette époque, la troisième sœur de l’agresseur m’a dit qu’il avait eu des propos déplacés à son encontre avant de lui faire des avances. Il était clair que cet homme était toujours dangereux. Pourtant, j’éprouvais encore des remords, alors, j’ai décidé d’entamer une psychothérapie en me promettant que si je n’allais pas mieux, je porterais plainte. Les premiers thérapeutes que j’ai rencontré me donnaient l’impression de ne pas m’écouter, il n’y avait pas vraiment d’échange, alors que lorsque l’on doit parler de quelque chose d’aussi douloureux, on a besoin de l’attention de son interlocuteur, j’ai donc cessé les séances. Puis il y a eu, par le biais du travail, la rencontre avec Muriel Salmona. 

Je me souviens de la veille du premier rendez-vous, j’étais au travail avec deux collègues devenue des amies. L’enjeu de ce rendez-vous était tel que j’étais très anxieuse, j’ai fondu en larmes dans les bras d’une de mes amies, qui a su me rassurer.

Cette rencontre a tout changé. J’étais venue avec l’idée de demander au Docteur Salmona si elle pensait que j’étais suffisamment solide pour supporter une procédure. Au premier rendez-vous, j’en ai dit plus qu’en plusieurs séances avec d’autres médecins. Le Docteur Salmona m’a expliqué que l’agression avait provoqué une dissociation. Elle m’a appris que je souffrais d’amnésie traumatique, que cela se traduisait par le trou noir après lequel je n’ai plus de souvenirs. Le docteur Salmona m’a expliqué que la psychothérapie pouvait nous permettre de découvrir ce qui s’était produit après le trou noir ; car s’il y a eu un trou noir, c’est parce qu’un mécanisme de défense s’est mis en place. J’étais convaincue que cette méthode pouvait fonctionner avec tout le monde, mais pas avec moi, que je n’aurais pas cette chance. Or, au fur et à mesure des séances, des choses sont remontées, ce n’était pas vraiment des souvenirs en tant que tels, mais des rêves codés que nous avons analysés ensembles. Tout d’abord, il y a eu ce cauchemar, à mon sens très révélateur, mon enfant faisait du tricycle et se retournait pour me regarder tout en continuant de pédaler, j’ai alors vu un véhicule surgir et se diriger vers le tricycle. Je hurle à ma fille de s’arrêter, mais elle ne m’entend pas, j’ai simplement le temps d’apercevoir le véhicule rouler et presque rebondir sur mon enfant avant de perdre connaissance. Puis, en retrouvant mes esprits, je me demande ce qui s’est passé. Cette perte de connaissance pouvait parfaitement bien s’apparenter à un trou noir pendant lequel il s’est passé quelque chose que j’ignore.

Il y a eu de nombreux cauchemars comme celui-ci, mais aussi un très explicite au cours duquel, je suis allongée sur le dos, sur le lit de ma mère, lui, étendu sur moi me pénètre, je tourne la tête et je perds connaissance. Ce qui m’a frappée dans ce cauchemar, n’était pas l’acte lui-même, c’est l’intensité violente des sentiments de désespoir et d’impuissance que j’ai ressentie.

Par ailleurs, il y a eu ces douleurs anales et vaginales que j’ai ressenties au moment de l’endormissement. Ces douleurs ne duraient que quelques secondes mais apparaissaient en cycles : elles s’amplifiaient au moment où je m’endormais et, lorsqu’elles me réveillaient, elles diminuaient et ainsi de suite. Cela s’est produit plusieurs fois.

Puis, est arrivé le moment de porter plainte avant la prescription. J’ai pris rendez-vous à la brigade des mineurs où résidait l’agresseur, j’y suis allée accompagnée par une amie, et j’ai raconté à un OPJ ce qui s’était passé. Plus d’un an après le dépôt de plainte, j’ai appris que le procureur avait décidé de classer sans suite pour prescription. Je lui ai écrit et j’ai mentionné le fait que j’étais mineure de moins de 15 ans, le fait que l’agresseur avait autorité sur moi du fait qu’il me gardait, constituant des circonstances aggravantes qui reportaient la prescription à 10 ans à compter de la majorité et que, par conséquent, ma plainte était recevable.

Outre le fait que j’ai toujours eu du mal à intégrer le fait que l’agression ait pu aller plus loin que ce dont je me souvenais, j’étais très en colère à cause du classement sans suite. J’ai donc décidé de me renseigner auprès de la seule personne qui savait ce qui s’était passé : Lui. Je lui ai donc écrit une lettre dans laquelle j’exigeais des aveux complets par retour de courrier, sans quoi, je dirais tout à son épouse. C’est sa femme qui a reçu la lettre, il m’a tout de même répondu par courrier qu’il n’avait pas insisté car je l’avais repoussé, il s’est également excusé à plusieurs reprises. Quelques temps après, sa deuxième sœur m’a téléphoné pour me demander des explications sur ce courrier, puis la discussion ayant pris un autre tournant, elle m’a confiée qu’elle avait subi des viols et non des agressions sexuelles sans pénétration comme je l’avais toujours cru. J’étais abasourdie, je m’étais toujours raccrochée à la conviction qu’il était incapable d’aller aussi loin, et que donc il ne m’avait pas violée. Cet espoir s’est écroulé.

Quelques mois plus tard, le policier qui m’avait reçue m’a appelée pour m’informer que le procureur avait finalement décidé d’ouvrir une enquête. Je savais que c’était une excellente nouvelle, mais cela m’a angoissée plus que soulagée, je ne comprenais pas pourquoi je ne parvenais pas à être satisfaite. Puis, trois mois et demi plus tard, ce même policier me téléphone pour m’informer que l’agresseur était en garde à vue et pour me demander si je pouvais venir le jour même pour une confrontation. J’étais sous le choc, mais j’ai immédiatement accepté et pris le train pour y aller. Le docteur Salmona a été très disponible et nous avons pu nous parler au téléphone, ce qui m’a beaucoup aidée. Des encouragements du père de ma fille m’ont réconfortée. La confrontation s’est relativement bien passée, dans ce sens où, cette fois, c’était à lui qui était en position de coupable, pas moi ; et puis je n’étais plus une enfant mais une femme en colère, je lui ai dit ce que j’avais à lui dire, notamment qu’il n’avait pas le droit de me faire cela. Il a reconnu m’avoir touchée, mais a prétendu que c’était sur mes vêtements et qu’il a arrêté dès que je l’ai repoussé. Il s’est contredit en disant que c’était effectivement arrivé, puis qu’il ne savait plus ce qui s’était passé. [Malgré tout, j’ai été déstabilisée car il a dit qu’il était désolé et semblait sincère, il semblait vraiment hébété. En revanche, il a affirmé avec beaucoup d’aplomb qu’il ne s’était jamais rien passé avec ses sœurs. Etrangement, ce mensonge m’a rassuré parce que c’était un comportement d’agresseur, et cela prouvait qu’il n’assumait pas ses actes.]. 

Après cette confrontation qui fut tout de même éprouvante, j’ai rêvé plusieurs fois du lieu de l’agression. J’ai souvent dit au docteur Salmona que mon plus grand regret était d’avoir eu la conviction au moment de l’agression que jamais je n’en parlerais, et que j’étais perdue. J’aurais voulu dire à la petite fille que j’étais qu’il ne s’en sortirait pas aussi facilement. Nous avons donc pensé que ce serait une bonne idée de retourner à cet appartement. L’occupant actuel a accepté de nous recevoir, et, accompagnée par le docteur Salmona, nous sommes symboliquement allées chercher cette petite fille qui attendait là depuis des années qu’on vienne la sauver. Cela a été un moment très émouvant qui m’a soulagée. Au fil des jours qui ont suivi cette visite, la petite fille que j’étais m’a livré un souvenir. J’ai vu une scène où l’agresseur était assis sur le lit, moi debout en face de lui. Il avait posé ses mains sur mes épaules et m’avait agenouillée, puis un nouveau trou noir, mais l’on peut facilement déduire la suite. J’ai la conviction que cela s’est passé dans la continuité de mon souvenir, parce qu’à ce moment-là, je n’essayais plus de m’en sortir : j’étais déjà morte. L’émotion et la colère qui ont accompagné ces images étaient très vifs, y compris au moment où j’en ai parlé au docteur Salmona qui m’a expliqué qu’il s’agissait d’un flash.

Après une brève période de silence, la petite fille que j’étais m’a enfin livré de nouveaux éléments. Un jour, alors que je ne suis plus en état d’éveil, mais pas encore en phase de sommeil profond, une sensation brutale m’arrache à ma torpeur. La sensation qu’un cadenas qui se trouve dans ma gorge explose, le verrou, ma bouche s’ouvre. Les deux chocs ont lieu simultanément. Le cadenas s’ouvre et, j’en suis sûre, la parole de la petite fille va se libérer. Mais, les jours passent et rien ne se produit. Quelques jours plus tard, je lis l’autobiographie d’une femme qui a subi des viols alors qu’elle était enfant et dont les souvenirs n’ont refait surface que plusieurs années après. Ce témoignage contient tant d’éléments qui se juxtaposent à mon histoire que c’en est troublant : aller chercher cette petite fille, la rassurer, lui parler, lui demander de se confier … Puis s’écrouler sous les révélations. 

Installée dans un bus, je constate au fur et à mesure de ma progression dans la lecture que la petite fille dont parle l’auteur se met à parler, à dire. Du coup, la mienne aussi et en pleine lecture, un flash. Une main d’adulte empoigne ma gorge d’enfant, je ne peux que lâcher un hoquet de surprise qui est rapidement interrompu par la pression de cette main sur mon cou. Je referme brutalement le livre. L’émotion me gagne, j’ai toutes les peines du monde à retenir mes larmes. Par chance, je suis arrivée, je descends du bus et éclate en sanglots. Après avoir repris mes esprits, je dis à la petite fille que je l’ai entendue et que c’est promis, nous en reparlerons plus tard. Le soir même, un autre flash, sans aucune émotion cette fois. La main me serre le cou et me force à m’allonger sur le lit, puis, plus rien. Les nuits qui suivent sont remplies de cauchemars. Les jours qui suivent sont difficiles, une envie de mourir s’impose, le soir des crises d’angoisse, des crises de larmes. Je me sens possédée, cette voix que j’entends n’est pas la mienne, cette personne qui prend un couteau et m’entaille le ventre ainsi que les poignets, ce n’est pas moi. Je ne me contrôle plus, j’ai peur. Puis, soudain, une voix hurle dans ma tête : « Il m’a forcée, il m’a violée ! ». Je prends deux somnifères, je fais les cent pas, titube comme un zombie, je n’ai plus envie de vivre. Seule alternative, mourir. Je finis par tomber de sommeil. En me réveillant, mon eczéma sur le cou qui avait disparu ces dernières semaines est de retour. Je ne réponds plus au téléphone, je n’ai pas envie de parler, plus envie de rien. Je crois que je suis folle, on peut m’enfermer en hôpital psychiatrique. Etre sous sédatifs nuit et jour me convient parfaitement, dormir, dormir, dormir, mourir. Il m’est si dur de vivre, je me sens lasse, fatiguée, abimée, brisée. J’en ai assez de faire semblant de vivre. Avant de mourir je m’accorde une dernière chance, mon rendez-vous avec le Docteur Salmona. Le jour du rendez-vous, sans aucune raison, mon état dépressif et suicidaire a complètement disparu, c’est à n’y rien comprendre. Le Docteur Salmona m’explique que cette période qui a duré approximativement une semaine correspond sans doute à la durée de mon amnésie à la suite de l’agression. Je reprends espoir, peut-être n’est-il pas encore temps pour moi de mourir. J’ai des choses à accomplir, je n’en ai pas fini avec la justice.

J’ignore quelle sera l’issue de cette procédure, mais j’aurais fait mon possible pour éviter qu’il puisse dévaster d’autres vies. Ce qui m’a véritablement permis de porter plainte, c’est l’idée insoutenable d’apprendre un jour qu’il a pu recommencer parce que je me suis tue, de me rendre complice par mon silence. Plus de vingt ans après les faits, son comportement n’est pas celui de quelqu’un qui regrette et souhaite véritablement expier ses fautes. 

J’espère de tout cœur que ce témoignage apportera un peu d’espoir aux victimes et un éclairage pour elles, leur entourage et les professionnels. Je suis en mesure d’affirmer qu’une thérapie adaptée permet de « recoller les morceaux » et de se réparer, il faut savoir faire preuve de patience.

Je tiens à remercier le docteur Salmona ainsi que toutes les personnes qui se reconnaitront pour le l’inestimable soutien qu’elles m’ont apporté, et sans lesquelles je n’aurais jamais pu aller aussi loin, quoi qu’elles en disent.

2 commentaires pour Témoignage 1

  1. Jean-François Cals dit :

    Un grand merci pour ton témoignage, qui apportera de l’espoir aux victimes de viol, j’ai beaucoup aimé cette phrase: « Je suis en mesure d’affirmer qu’une thérapie adaptée permet de « recoller les morceaux » et de se réparer, il faut savoir faire preuve de patience. »
    merci au docteur Muriel Salmona de nous avoir fait partager ce témoignage.

  2. LIla dit :

    on peut se remettre d’un viol, de l’inceste, de maltraitances sexuels, on ne se remet jamais d’être traitée de menteuse et de ne pas pouvoir être entendue. abusée sexuellement à l’âge ou on boit le biberon et jusqu’à 8 ans; violée ensuite bien plus tard il aura fallu 17 ans de thérapie et un site merveilleux » survivants d’inceste anonymes » pour non plus survivre mais vivre. Oui on peut revivre avec le sourire. mais il faut accepter de se souvenir pour déconstruire le cauchemar.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s