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LE VIOL, CRIME ABSOLU :  Article paru dans le dossier sur Le traumatisme du viol de la revue de la santé mentale n°176 de mars 2013

Si en 2013 tout le monde s’accorde sur le fait que subir un viol est grave et traumatisant, et qu’il représente une atteinte aux droits, à la dignité et à l’intégrité physique et psychique des victimes…

Si en France un travail énorme d’information, de campagne et de lutte contre les viols a été fait depuis plus de 25 ans par des associations féministes, si des numéros nationaux gratuits ont été mis en place comme femmes-viols-information, le 39-19 et le 119, si pour la première fois le plan gouvernemental triennal de lutte contre les violences faites aux femmes 2011-2013 aborde la question du viol et des agressions sexuelles…

Si la loi française au fil des années s’est beaucoup améliorée, reconnaissant le viol comme un crime jugé en cour d’assise, passible de 15 années de réclusion criminelle (30 années en cas d’homicide et d’actes de barbarie, 20 pour les viols sur mineurs de 15 ans, viols en réunion, avec armes, viols par ascendants ou par personne ayant autorité, viols par conjoint ou ex-conjoint). Si depuis 1980 le viol a été défini de façon complète et précise dans le code pénal (article 222-23) comme « Tout acte de pénétration de quelque nature que ce soit commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ». Si les lois de 1989, 1995, 1998 et 2004 ont élargi les délais de prescription des viols commis sur les mineurs, de 10 ans après les faits, jusqu’à actuellement 20 ans après leur majorité, reconnu le viol conjugal et enfin en 2010 supprimé la mention de la présomption de consentement des époux à l’acte sexuel (1)…

Si les connaissances sur les viols et sur l’impact très lourd qu’ils ont sur la santé des victimes ont beaucoup progressé ces deux dernières décennies. Si des recherches, des enquêtes et des études françaises et internationales ont permis de mieux évaluer la fréquence, la réalité et la gravité des violences sexuelles, de mieux répertorier les troubles psychotraumatiques et de les décrire en tant que conséquences neuropsychologiques caractéristiques et normales que toute victime de violences peut présenter, de mieux connaître les mécanismes neurobiologiques à l’origine des psychotraumatismes, de mieux comprendre les symptômes que présentent les victimes de viol et de leur proposer des traitements adaptés et efficaces (2)…

force est de reconnaître que dans la réalité tout se passe malheureusement très différemment. Loi du silence, déni, absence de reconnaissance et abandon des victimes de viols règnent encore en maîtres (3). 

L’immense majorité des viols ne sont toujours pas connus, ni dénoncés, ni donc jugés (…)

Pour lire la suite cliquez sur le lien pour lire l’article ICI : http://www.stopauxviolences.blogspot.fr/2013/08/le-viol-crime-absolu-article-de-la-dre.html

 VIOLENCES FAITES AUX ENFANTS : un silence assourdissant et un scandale sanitaire, social et humain

Les enfants victimes de violences – qu’ils soient victimes directes ou témoins  -sont dans leur immense majorité abandonnés sans protection ni soin. Les violences qu’ils subissent (physiques, psychologiques ou sexuelles), le plus souvent intra-familiales ou institutionnelles et commises par des personnes censées les protéger, sont une atteinte très grave à leurs droits, à leur dignité et à leur intégrité physique et psychique. Bien que ce soient des délits ou des crimes (viols, actes de barbarie, tentatives de meurtres) avec circonstances aggravantes, elles restent très rarement identifiées et signalées. Non seulement les enfants victimes se retrouvent à survivre seuls face à des violences auxquelles il leur est impossible d’échapper, mais ils sont également condamnés à survivre seuls aux conséquences psychotraumatiques qu’elles entraînent (Anda, 2006 ; MacFarlane, 2010), et plus particulièrement à leur symptôme principal – la mémoire traumatique – qui, leur faisant revivre les violences à l’identique, s’apparente à une véritable torture qui n’en finit pas.

La loi du silence et le déni des conséquences psychotraumatiques.

De toutes les violences, les violences envers les enfants sont certainement les plus cachées. La loi du silence y règne en maître (…)

Pour lire la suite cliquez sur le lien pour lire l’article : http://www.stopauxviolences.blogspot.fr/2013/07/violences-faites-aux-enfants-un-silence.html

VICTIME, VOUS AVEZ DIT VICTIME ? sur les discours falsificateurs et culpabilisants envers les victimes

Texte intégral de l’intervention de Muriel Salmona du 25 mars 2013 au TGI de Créteil lors de l’AG de l’association Tremplin 94 – SOS femmes

Cliquez sur le lien pour lire l’article : http://www.stopauxviolences.blogspot.fr/2013/03/victime-vous-avez-dit-victime-texte-de.html

LA DISSOCIATION TRAUMATIQUE ET « LES TROUBLES DE LA PERSONNALITÉ » POST-TRAUMATIQUES  : où comment on devient étranger à soi-même

Article à paraître in Les troubles de la personnalité en criminologie et en victimologie à paraître chez Dunod en juin 2012

Cliquez sur le lien pour lire l’article : http://stopauxviolences.blogspot.fr/2013/04/nouvel-article-la-dissociation.html

LE VIOL, CRIME ABSOLU (article de cadrage de 9 pages) et LA CLINIQUE DU PSYCHOTRAUMATISME avec le dr Patrice Louville de l’hôpital Corentin Celton

SANTE MENTALEArticles parus dans le dossier thématique de 57 pages consacré au traumatisme du viol de la revue Santé Mentale de mars 2013 n°176

Cliquez sur le lien pour lire l’article : http://www.santementale.fr/la-revue/numero-du-mois/

COMMENT EST-IL POSSIBLE AU XXIÈME SIÈCLE D’EN ÊTRE ENCORE LÀ ? En mémoire de Nirbhaya et de toutes les femmes victimes de viols en Inde et dans le monde

En ce dernier jour de l’année 2012 avant de vous transmettre mes vœux pour 2013, je veux me recueillir encore avec vous devant cette bougie allumée hier soir en mémoire de Nirbhaya, cette jeune femme indienne de 23 ans décédée à la suite d’un viol collectif et d’actes de tortures et de barbarie atroces, et en soutien aux femmes victimes de viols en Inde et partout dans le monde. 

 

 
 

Et me demander une fois de plus comment est-il possible au XXIème siècle d’en être encore là ?… 

 

Comment aurais-je pu m’imaginer lors de mes 13 ans, et de la prise de conscience féministe que j’ai eu à cette époque que le monde en serait toujours là tant de temps après ?  Et malgré tous nos combats …

 

Un monde où être née femme scelle votre destin et fait de vous une proie potentielle où que vous soyez, quselle que soit votre histoire, vos croyances, vos engagements, votre milieu d’origine, votre statut social, vos études, votre travail, votre personnalité, votre âge, votre aspect physique, etc… Destin effarant d’être un jour ou l’autre une proie, sous couvert de sexe, pour un homme ou un groupe d’hommes, et d’être injuriée, agressée, violée, torturée et tuée… d’être condamnée à vivre dans un monde de non-droits, un monde où le féminicide est omniprésent.

 

En France plus de 150 000 femmes (adultes et mineures) sont violées par an, sans compter toutes celles qui ont subi une tentatives de viol… Et au moins 1/3 des femmes seront agressées sexuellement au cours de leur vie.

 

Quelle femme n’a pas été traitée de putain ou de salope à un moment de sa vie ? Quelle femme n’a pas été agressée par un exhibitionniste ? Quelle femme n’a pas subi un baiser forcé, une main aux fesses ou sur un sein ? Quelle femme n’a pas eu à «céder» à des avances dans un contexte de contrainte, à «accepter» des actes sexuels qu’elle ne désirait pas et qu’elle n’était pas en mesure de refuser ? Quelle femme n’a pas entendu sous couvert de «désir» des mots de guerre comme je vais te tirer, t’empaler, te tringler, t’exploser, te défoncer… ? Quelle femme n’a pas été menacée ou eu très peur dans la rue, lors d’une soirée, à son travail, chez elle, d’être violée, d’être tuée… ?

 

Ce risque pèse sur toutes les femmes depuis leur petite enfance, un regard, une parole, un geste va très tôt leur faire comprendre qu’à tout moment elles peuvent être réduites à un objet sexuel convoité, pour être humiliées et consommées. Et un véritable bourrage de crâne s’opère sur elles avec des stéréotypes, une publicité sexiste et une pornographie mystificatrices et désastreuses qui véhiculent des images dégradées de la femme et hyper-violentes de la sexualité.

 

Très rapidement les petites filles apprennent un exercice de haute voltige, totalement paradoxal, et impossible : d’un côté elles doivent être hypervigilantes et s’autocensurer sans cesse pour ne pas susciter convoitise et appétit de chasseur chez les hommes, à elles d’organiser leur protection, et de l’autre elles doivent correspondre en tout point à une proie et une esclave sexuelle qui aime ça, pour être une femme au service des hommes, sexy et «bonne à baiser», et ce le plus tôt possible, au risque sinon pour elles de ne pas être considérées par les hommes, et d’être laissées pour compte. C’est la double contrainte, quoiqu’elles fassent, elles seront toujours en défaut et responsables des malheurs qui leur arriveront. Leur culpabilité et leur honte sont organisées de mains de maître.

 

 

Traumatisées par ces violences sexuelles et sexistes répétées, sidérées, dissociées, elles se retrouvent dépossédées de leur sexualité qui est colonisée par la mémoire traumatique des agressions ( conséquences psychotraumatiques des violences) avec lors de chaque situation sexuelle charrie l’irruption d’une peur, d’une détresse, et d’images violentes ou des propos dégradants qui semblent indissociablement liés à sa propre sexualité. C’est ainsi que toute expérience de jouissance ultérieure peut devenir intolérable, au point de parfois de devoir y renoncer  puisque cette jouissance infectée par les violences pourrait faire croire que l’on jouit de sa propre dégradation ou de douleurs infligées. Tout cela est faux, bien sûr, mais la mémoire traumatique est difficile à décoder et peut paraître convaincante. Cela génère une image et une estime de soi catastrophique qui rend les victimes encore plus vulnérables, et qui peut être à l’origine de passages à l’acte suicidaires.


Nombreuses sont les femmes qui, ayant subi des violences sexuelles, se retrouvent donc à devoir composer avec une sexualité gravement traumatisée et infectée de symptômes psychotraumatiques non identifiés comme tels. Elles se retrouvent seules face à cette sexualité traumatisée et incompréhensible, et face à une société baignant dans le déni, qui ne fournit que des représentations sexuelles aliénantes construites à partir de symptômes psychotraumatiques : la vierge, la frigide, la femme passive, la nymphomane, la fille facile, la bombe sexuelle, la traînée, la salope, la prostituée, etc.

Et ces femmes victimes, mis à part les féministes, qui les défendent ?



Personne, ou presque, n’est là pour reconnaître la réalité de ces violences, leur gravité, les conséquences psychotraumatiques dramatiques sur la vie des femmes, personne ou presque pour les protéger, pour les prendre en charge, pour les soigner et pour leur rendre justice !!


Personne, ou si peu, n’est là pour demander des comptes à tous ces hommes violents qui considèrent le sexe comme une prédation, qui s’excitent à la haine contre les femmes, jouissent de leur terreur et de leur humiliation, et qui vont décharger sur les femmes toute leur réserve de violence et de désir de détruire, de torturer, voir de tuer.

 
 

Personne, ou presque, n’est là pour leur dire d’arrêter, que cela suffit, que c’est fini ces privilèges iniques et monstrueux de violer et d’agresser en toute impunité !

 

Et vous les hommes que faîtes vous ? Vous ne vous sentez pas concerné ? Vous n’avez pas honte ? 

 

Car, même si vous n’êtes pas tous des criminels violeurs, ni des agresseurs sexuels, ni des clients de personnes prostituées, combien êtes-vous à ne jamais  avoir eu cette mentalité de chasseur ? Combien êtes-vous à ne jamais avoir considéré sexuellement des femmes comme des proies interchangeables ? Combien êtes-vous à ne pas avoir traité une fois une femme de salope ou de putain ? Combien êtes-vous à ne jamais avoir fait pression pour obtenir un rapport sexuel, à ne jamais avoir considéré que la femme que vous « aimiez » vous appartenait ? Combien êtes-vous à ne pas être intervenu, ni à avoir pris la défense d’une femme qui subissait sous vos yeux des violences sexistes et /ou sexuelles en considérant que ce n’était pas si grave, que c’était des plaisanteries, de la drague un peu lourde ou qu’elle l’avait bien cherché ? Combien êtes-vous à ne pas vous être senti frustré et en colère face à une partenaire qui se refuse à vous, sans prendre en considération ses droits et ce qui la motive, sans réfléchir que si elle a si peu envie c’est qu’elle a des raisons et que toutes les violences qu’elle a déjà subi pèsent d’un grand poids sur sa sexualité, et qu’il faudrait plutôt que de lui en vouloir, se révolter contre toutes ces violences que subissent les femmes ? Combien êtes-vous à ne jamais avoir regardé d’images ou de films porno, sans vous préoccuper du message véhiculé et surtout sans vous préoccuper de la réalité de ces actes filmés, et du fait qu’il s’agit de vraies personnes qui subissent cela ?…

 

Et pour 2013 ?

 

Pourquoi laissez-vous les femmes à organiser toutes seules ou presque leur lutte contre ces crimes sexuels ? Pourquoi êtes-vous si peu nombreux à agir contre ces violences et à combattre tous ces stéréotypes ?

 

Pourquoi vous ne vous engagez pas à agir massivement pour dire NON à toutes ces violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes ? À dire qu’il n’est plus question de les tolérer, ni de les minimiser ? À dire que vous ne voulez plus de ce sexe là, colonisé par des violences et par de la haine qui est une atteinte très grave aux droits, à la sécurité, à l’intégrité et à la dignité des femmes ? À soutenir la campagne Abolition 2012 ? Pourquoi vous ne dites pas partout, sur tous les médias que cela vous fait horreur !

CHANGEZ VOS MENTALITÉS ! FAITES ENTENDRE VOS VOIX ! INDIGNEZ-VOUS ET DÉNONCEZ ! SIGNEZ LES PÉTITIONS ET LES CAMPAGNES ! MANIFESTEZ ! LUTTEZ SANS RÉPIT CONTRE CES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES ! INTERVENEZ AUPRÈS DES HOMMES VIOLENTS ! BOUGEZ-VOUS, QUOI !!!!!

 

DITES HAUT ET FORT QUE VOUS VOULEZ D’UNE AUTRE SEXUALITÉ FAITE DE RESPECT ET DE DÉSIRS PARTAGÉS, UNE SEXUALITÉ EXEMPTE DE VIOLENCES !

Ces violences sexuelles, ces féminicides sont un scandale humain indigne de sociétés démocratiques qui se prétendent égalitaires. Ils sont une question de droits fondamentaux et de justice universelle. 
Et tous ceux qui ne veulent pas renoncer à une rencontre véritable et à l’amour, et heureusement ils existent, doivent se battre pour sortir de ces schémas réducteurs et emprisonnants. Pour les femmes bien sûr, mais également pour les hommes qui pourraient y gagner beaucoup, en étant dans une vraie relation avec  leur partenaire et en récupérant une sexualité non traumatique, enfin libre, avec un plein accès à des désirs et un plaisir réciproques et partagés.

 
 

Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie

 

Pour en savoir plus :

 
 

Pour en savoir plus consultez le site : http://www.memoiretraumatique.org

et les articles Mémoire traumatique et conduites dissociantes paru chez Dunod en 2012 : http://www.stopauxviolences.blogspot.fr/2012/03/dernier-article-de-muriel-salmona-avec.html

les articles La nausée… et La victime c’est la coupable…

le communiqué de presse de l’association sur le verdict du procès des viols collectifs rendu par le  tribunal de Créteil, l’article En réponse aux pro-prostitution

L’article Abolir le système prostitueur c’est réaffirmer les droits humains avec Sandrine Goldschmidt, Anne Billow, Typhaine Duch, Annie Ferrand et moi-même

et le Scoop-it sur la prostitution de Fée Ministe

le manifeste et la campagne pas de justice pas de paix

Pour signer le manifeste Violences et soins : pour que les victimes de violences soient enfin protégées, pour qu’elles reçoivent des soins appropriés et pour que leurs droits soient respectés : http://www.stopauxviolences.blogspot.fr/2012/06/nous-accusons-manifeste-petition-signer.html

 

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